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2017 > Juin

Henry Darger est né un 12 avril




Henry Joseph Darger, Jr., est un créateur d'art brut,  un écrivain et peintre américain dont l'œuvre principale, composée  tout au long de sa vie de solitude, est un récit épique, illustré, de quinze  mille cent quarante trois pages (15,143), appelé The Story of the Vivian Girls, ou «The Realms of the Unreal, of the  Glandeco-Angelinnian War Storm, Caused by the Child Slave Rebellion

Darger y raconte la violente guerre entre  les Angéliques et les Hormones. Plus de 300 compositions (aquarelle, dessins,  collages) accompagnent et complètent le récit, donnant naissance à une œuvre  graphique unique et originale.

La mère de Darger meurt  lorsqu'il a quatre ans. Il est bien traité par son père avec lequel il vit  jusqu'en 1900. Son père décédé, Henry  est pris en charge par un établissement catholique.

Le comportement de  Darger y perturbe ses camarades qui ne tardent pas à le traiter de fou. Il parle  seul, de manière irrépressible et inopinée. Il est probablement affecté par  le syndrome  Gilles de la Tourette. Persuadé d'avoir un  don lui permettant de savoir quand les adultes lui mentent, il se montre très  rétif à toute forme d'autorité. Sa masturbation récurrente finira par le faire  interner en 1905.

Henry séjourne durant  plus de sept ans à l'Institut Lincoln (Illinois), réputé pour la sévérité des  traitements infligés aux internés. Il tente de s’en évader à plusieurs reprises.  

À 16 ans, lors de sa  troisième tentative d'évasion, il parvient à regagner Chicago. Il y trouve  l'aide et le réconfort de sa marraine. Elle lui trouve un emploi de portier dans  un hôpital catholique où il travaille jusqu'à sa retraite, en 1963.

Darger commence alors à  régler sa vie selon un emploi du temps immuable. Catholique dévot, il assiste à  la messe jusqu'à cinq fois par jour. Il collectionne et amasse des détritus de  toutes sortes (jouets, figurines religieuses, images de saints, chaussures,  pelotes de ficelles, magazines et bandes dessinées).

De 1930 à 1973, Darger occupe la même  chambre à Chicago, au 851 W Webster  Avenue, non loin du Lincoln Center Park, dans le quartier de North Side. C'est là  qu'il se consacre secrètement à l'écriture et à la peinture. Personne ne sait  combien de temps lui ont demandé la composition de son œuvre. Outre Les royaumes de l'irréel, il a rédigé  son autobiographie L'Histoire de ma  vie, en cinq milles pages.

Ce n’est qu’après sa  mort que l’œuvre à laquelle il avait travaillé toute sa vie est découverte.  En 1973, Nathan et Kiyoko  Lerner, les propriétaires de l’appartement loué par Darger, mettent au jour les  réalisations de l’artiste. Lerner perçoit immédiatement l'intérêt du travail de  son locataire et se charge de créer une fondation destinée à mettre ce fonds en  valeur. Il aidera beaucoup à la réalisation du documentaire de Jessica Yu sur la  vie et l'œuvre de Darger.

Henry Darger est inhumé  au cimetière All Saints de Des  Plaines (Illinois), dans le carré réservé  aux personnes âgées des petites sœurs des pauvres. Sur sa pierre tombale, il est  décrit comme un artiste et un « protecteur des enfants ».

Son œuvre raconte les  aventures des filles de Robert Viviam, les sept princesses du royaume  Abbieannia, en proie aux attaques répétées et violentes du diabolique John  Manley. À la tête du domaine de Glandelia, ce dernier menace de réduire en  esclavage tous les enfants d'Abbienne. Les sept sœurs sont à la tête d'une  rébellion acharnée, aidées par leurs légions de fillettes prêtes à en découdre.  

Parmi ces vaillantes  petites filles, le lecteur retrouve de géantes créatures aux ailes de papillons,  les «blengins».  Leur corps couverts d'écailles se terminent en queues pointues.  Le reste du bataillon se compose de jeunes filles pré pubères, souvent nues et  pourvues d'organes génitaux masculins. Nombre d'entre elles sont sacrifiées à la  barbarie des hommes de Manley.

L'écriture de Darger est  directe. Les descriptions les plus crues peuvent aller jusqu'à laisser entendre  au lecteur les rires forcés des fillettes se transformer en cris de souffrance.  Son style comporte également de nombreux emprunts fleuris à la littérature  victorienne.

Ses capacités de  dessinateur étant limitées, Darger s'inspire des comics américains et les  copie. Il les découpe, les fait agrandir et démultiplier au rayon photographie  du bazar local. Une fois muni d'une infinité de formats, il les décalque pour  former des compositions souvent très complexes, pourvues de nombreux plans. Il  montre ensuite l'étendue de son talent de coloriste. Il manie aisément les  contrastes, sachant rehausser des palettes de tons fades, à certains endroits,  par des couleurs éclatantes, des rouges sang ou des jaunes vifs.

Au début, considéré  uniquement comme un Art  brut, l'œuvre de Darger  quittera progressivement son statut marginal. « Sa complexité thématique, sa  sophistication technique et son amplitude narrative sont peu à peu mieux  comprises. L'oeuvre  occupe désormais une place singulière parmi les œuvres  visionnaires les plus novatrices et les plus profondément personnelles du XXe siècle. ».
Texte tiré de Wikipédia
Henry Darger (1892-1973)

Henry Darger sur You Tube

The  Realms of the Unreal

Henry  Darger | Down the Rabbit Hole

The  Secret Life and Art of Henry Darger

Realms  of the Unreal and the Henry Darger Archives

Henry  Darger at Andrew Edlin Gallery

2013:  Panel Discussion - Who was Henry Darger?

Revolutions  Of The Night: The Enigma Of Henry Darger - Trailer.mp4

 

Dernière mise à jour:
Le 25 octobre 2017
Conceptrice: Hélène Leclerc
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